• L'accueil du jour

     

    Je prends en son mitan le jour qui s’épanouit,

    La douceur de ses rives qui enlace ma vie.

    Et me laisse porter par le fleuve multivers.

    Croisant au firmament d'accueillantes étoiles

    Pour rebondir enfin neuve sur la Terre 

    Cette belle planète en ses fragiles destins

    Pour mieux y rapporter des nouvelles d'outre-mondes.

    Et je me pencherai sur tous ces beaux matins

    Pour souffler à l'oreille des songes : 

    « Quand nous aurons compris que l’Esprit crée le monde, 

    nous cesserons enfin nos humeurs vagabondes, notre aigreur  sordide,

    nos peurs nauséabondes. »


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    Loriot de mon cœur accroché au jardin

    Ramage fleuri qui me tire de mes rêves

    Tes chaudes arabesques vocalisent sans trêve

    Mettent une frange à ma nuit, rajeunissent mon matin.

    Milan du soir aux ailes pourfendant les nuées 

    Fondant comme une flèche sur l'insoucieuse proie.

    Grisollements tétus de la blonde alouette

    Qui sépara jadis Romeo de Juliette

    Perçant le firmament de sa petite voix.

    Bêtes des champs craintives 

    Affectant le chaos du sapiens indiscret

    Mais souvent attentives au moindre bruit suspect.

    Je vous tiens compagnie dans le détours herbeux quand la lune est luisante

    Attachée à vos ailes, élytrales vibrantes, respirant votre humus

    M'abreuvant de rosée. 

    Que d'agapes champêtres avons-nous dégustées,

    Enfouies sous la ramure, de bastides boisées, jouant à saute-grillon,

    Jeu de l'oie friselé aux teintes forestières, 

    Tric-trac luzerne et autre jeu de dés.

    Au matin je soupire de déjà vous quitter, coccinelles vernissées, lézards 

    Véloces et tièdes, passereaux jacasseurs

    Mais ne nous quittez pas jolies bêtes des champs,

    Sauterelle dorée, libellule ma soeur

    Nous avons trop besoin de votre compagnie, nous sommes si liés, 

    que l'extinction d'un seul suffit à nous radier.

    Prenons soin de vous tous qui nous apportez tant, et cessons d'accabler

    La Terre de ces intrants.

    Nous n'avons qu'elle en somme... 

    Loriot de mon cœur, accroché au jardin

    Ramage fleuri qui me tire de mes rêves

    Tes chaudes arabesques vocalisent sans trêve

    Je ferme les paupières sur un monde à sa fin.

     

     

     

     

     


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    Nous ne pleurerons plus sur vos forfaits immondes

    Nous prétendons goûter à de saines entreprises

    Ne plus prêter le flanc à vos sordides méprises

    La vie est ainsi faite que nous ne pouvons plus

    rengorger nos disputes et nos adversités,

    nos fiertés de nous-mêmes, nos egos infatués

    On ne peut plus laisser faire de telles actions putrides

    On ne peut laisser faire les rats dans nos affects

    Faufiler au travers de notre humanité

    Il y a trop d’algarade, de friction et de heurts.

    Ne pouvez-vous comprendre les choses en profondeur

    Elles ne se situent pas dans le gain et l’opprobre,

    Que cela ne sert à rien de remuer la raclure.

    Que juste la douceur, clémence en son beau nom

    Peut apporter bien plus qu’une vile aventure.


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    Reclus

                                                             "Anima Mundi" Clo Hamelin Lait de cire et pigments

     

    Les rues de pluie esseulées

    Les ombres passent sur les murs s’éloignant d’elles-mêmes

    La brume engouffre tout et tous

    Des musiques insignifiantes synthétiques nous abreuvent de leurs notes banales

    Une perfidie des oreilles

    Des écrits sans saveur dénués d’ardeur encombrent les librairies

    Pauvreté de l’esprit. 

    Le taxi jaune prend la rue droite qui mène à l’arrière-monde

    C’est une sphère déjantée, un milieu sans éthique

    Le règne de la médiocrité, de l’anesthésie

    Le théâtre ouvert à toutes les corruptions, à toutes les bassesses…

    J’ai vu tant de putrescence, d’abandon et d’opprobre 

    Que ma voix en a péri, 

    Que mes sens ont perdu leur gnosie

    Mon entendement méningité

    Mais mes yeux dessillés

    Faire toujours le même travail pour que les gens te reconnaissent et ne se paument pas 

    Pauvres chétifs de l’âme, il leur faut des repères, sinon ils sont fichus.

    Habitués qu’ils sont à la banalité, à l’indigence des sens.

    Mais il ne faut pas mollir, il faut subsister comme artiste

    Car ils se retourneront contre toi.

    Toi, qui ne sais plus où te rendre dans les images de couleur

    Qui t'es abreuvée de tant de modèles et d’histoires.

    Mais tu continues malgré tout, le chemin est ouvert, la fin approche…


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    Au loin dans les volutes bleues
    De la tempête à peine éclose
    Je vois des lueurs
    Des grognements féconds

    Des gravas de silence,
    Des prières Importunes,
    Des jurons indécents, qui grossissent les rangs

    Comme une marée rouge
    Ils franchiront l’obstacle
    Entreront de leur force au mitan des pouvoirs
    Remueront de leurs mains les entrailles béantes
    De toute cette amertume dont on nous ont nourrie.

    Si le sang pouvait ne pas être versé
    Si ceux que l’on dit « grand » pouvait changer d’épaule leur fusil qu’ils dirigent vers tous ces démunis.

    Mais ce qu’il reste c’est la matiere
    La lumière, l’antre de nous, ce que nous sommes, réellement. Le réel de nous, le meilleur.

    Comme il est dit : aristocrate, les meilleurs d’entre nous.


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