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     Jeune Fille

                                                                                          Photo : © Clo Hamelin

     

    Son entrée décidée sur le quai tout à coup emplit l’air de

    parfum, et transforma l’atmosphère conformiste et grégaire en une vague d’attention soutenue par mille yeux.

    Elle attendait un garçon.

    Ses regards brûlants de conquête, de jeune fierté

    presque orgueilleuse de sa beauté balayaient le quai à la

    recherche de l’autre.

    Ses cheveux propres et lisses annonçaient la

    rencontre, la découverte.

    Un pas d’une légèreté de rêve. 

    Parfois ses sourcils se fronçaient de surprise devant l’attitude inadéquate d’un voyageur, pour reprendre aussitôt leur position

    rectiligne et fournie de sourcils satisfaits d’être le point lumineux de l’assemblée attendant le métro. 

    Ses cils de mascara papillonnaient quelquefois, et dans une attitude de réserve

    se fermaient sur des joues devenues soudain vermeilles de confusion. 

    Elle balança sa crinière de l’autre côté de son cou,

    et ses yeux devenant soudain noirs ponctuèrent de dédain un regard mâle

    et perturbateur venu s’insinuer dans son secret.  

    « L’attente d’un autre que toi. Point barre. »

    Ses yeux allaient des uns aux autres, un léger sourire

     sur les lèvres, ravie par son parfum si joli, 

    s’échappant par vagues des plis de son corps.

    Se sachant belle et valorisée par les yeux sur le quai, 

    elle ne marchait pas, elle volait. 

    Tournant sur elle-même quelquefois pour montrer qu’elle était libre

    et que peu importaient les visages renfrognés et les opinions incongrues.

    C’était ainsi. 

    Elle venait d’avoir 17 ans et elle sortait pour la première fois un samedi soir.


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                                                                                     Montage : © Clo Hamelin 

     

     

     

    Le nez pincé, l'air arrogant 

    La flibuste finance n'en peut plus de se faire remarquer, 

    Niant tout du présent, le nez dans le passé.

    Leur monde est en danger, ils ne peuvent pas entendre,

    Trop occupés, le nez dans leurs prébendes,

    Affectant les cris affamés du commun, 

    Cette masse précaire qui occupent la rue.

    Du haut de leur pouvoir, ils nous veulent à genoux. 

     

    Vous ne voulez régner que pour ce vieil ego.

    Ecrasant les mêmes faibles que vous avez créés,

    Vous ne pensez qu'à vous en terme d'obligations,

    De rendements gagnés sur le dos des boiteux, 

    Qui ont laissé leur jambe dans vos guerres assassines,

    Et remercient encore et redemandent pardon.

    Vous créez votre monde de nos sueurs sanguines, 

    En nous abrutissant, nous forçant au tempo.

    Votre disque est scotché sur l'immédiateté,

    Vous jouez de stratégie, toujours dans le complot.

     

    Du haut de vos profits vous nous saignez à blanc, 

    Imposant vos "progrès", nourrissant l’illusion d’images télévisuelles,

    Empoisonnant nos enfants de pâtures délétères, 

    D’un air irrespirable. 

    De médias insolents qui courent après vos basques.

    Vous nous forgez des guerres pour mieux vendre vos feux, 

    Que beaucoup d'entre nous ont aidé à tirer, 

    et travaillant de nuit, au dessus du métal, pour un salaire livide.

    Ô pauvre humanité.

     

    Mais vous avalerez votre morgue suintante, 

    Votre souverain dédain, cette vulgarité,

    Vos sorties par derrière, vos parachutes dorés, 

    Vos rêves d'avidité, de faveurs et d'intrigues.

    Nous devons mettre un terme à tous vos privilèges,

    Qui sont d'un autre temps.

    En cessant tout d'abord de mettre entre vos mains 

    Le pouvoir de nous-mêmes. 

    Nous la mettre à l'envers ?

    Surtout n'y comptez pas.

    D'une révolution qui vous a profité,  on remet le couvert  ? 

    Le retour de bâton, est-ce que vous connaissez ?

     

    Et la mer désarmée de tant d'insanité. 

    La terre si corrompue par leurs sinistres failles, 

    Les sillons mal sevrés d'un grain un peu plus noble,

    Se lamente sur le sein de la houle océane.

     

     

     

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                                                                                                         Photo : © Clo Hamelin

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

      

     

     

     

     


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    Oiseaux

                                                                Photo : © Clo Hamelin

     

     

    Le velours de l'herbe sous la pluie

    Deux oiseaux verts dans la feuillée

    Sous la déchirure du ciel s'envolent vers d'autre branches

    C'est cela…

     

     

     

     


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    Etonnamment, il n’y pas de statuaire de femme représentant la guerre, et fort heureusement car cet exercice n’est que masculin.

    Pour illustrer la guerre, on nous montrera une femme écrouléee de douleur d’avoir perdu toute sa fratrie.

     

     

    Nous autres vestales et piedestales

                                                                                                                                Montage : © Clo Hamelin

     

    La guerre sera représentée par des hommes au combat, vaillants, courageux, héros, mortellement blessés, etc.

    Le soldat inconnu n’avait visiblement pas de femme, un héro mythique n’a pas de ces obstacles.


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  • Et je vous enverrai valser derrière les ondes, 

    Les vasques de trous noirs et de matières fécondes, dont vous ignorez tout.

    Vous ne méritez rien de ce que l’on vous donne, car rien ne vous est dû

    Vous devez tout au Monde.

    Vous, les escrocs du verbe, les pilleurs de retraite, les saccageurs de tombes, les

    petits joueurs immondes corrompus par l’argent, replet d'or et d'émeraudes,

    recueillis pas des hommes assoiffés de justice

    Que vous forcez sous le coup des menaces, des hommes dont vous avez tout pris

    Et l'honneur, et la dignité libre, leur fruit.

    Ceux qui parlent ne savent pas, ceux qui savent ne parlent pas…

    Je vous enverrai valser au-dedans des mystères, afin que

    Vous compreniez bien que la vie est tout autre.

    Qu’il ne sert à rien de courir en tout sens, que le temps est absent

    Que rien n’est hasardeux, 

    Que la mort et la vie sont indifférenciées,  incommensurables

    Et que même là, vous trouvez à redire : « que c’est une plaie la vie, 

    Qu’elle ne vaut pas la  peine d’être connue »…

    Qu’en savez-vous ? son souffle devenu court vous effleure à peine

    Car vous ne prenez pas la mesure de vous-même.

    Ceux qui parlent ne savent pas, ceux qui savent ne parlent pas…

     On vous l’a pourtant dit, dessiné, et traduit, expliqué en tout sens, 

    Mouliné par le biais de tant de philosophes

    Mais vous n’écoutez rien, vous croyez tout savoir, et vous mélangez tout 

    Humains de peu de foi, 

    Non ! pas celle des églises, que diable !

    Mais celle qui nous échoit depuis l’Eternité , cette foi en nous-même, cette

    bénédiction

    Cette lumière immense qui nous éclaire tant que nous ne voyons rien

    Trop occupés que nous sommes à quêter un pouvoir qui tourne en tyrannie.

    Et des ruées de monde pullulant dans les rues, et des cortèges flambant plein de

    haine et de bruits, qui parfois s’arrogent la victoire, au prix de quelques morts

    Devenus valeureux.

    Ceux qui parlent ne savent pas, ceux qui savent ne parlent pas…


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