• Le rêve, éveillée…

     

     

     

    Le rêve éveillé

     

     

    Attablée, avec autour des visages inconnus, 

    penchée sur des papiers lisses et des crayons chamarrés,

    je dessinais des corps de femmes emprisonnés dans les méandres de la vie. 

    Et l’écriture qui courait, s’insinuant sur le Velin.

    Je dictais mes mots à la plume, répondant aux sanguines, carminé d’encre bleue.


    Tout autour, ça piaillait dans tous les sens, des hommes aux cheveux d’algues

    peignaient de grandes fresques aventureuses, et disaient : « Je peins là où se trouve 
la misère »,

    et je leur répondais « oui, mais avec joie, pas avec amertume »,

    et nous partions tous 
dans de grands éclats de rire, sans raison. 

    Je m’enfonçais soudain dans les dédales d’un ruban serpentin

    où chaque volute expulsait une toile intrépide, un poème audacieux.


    Des moines milanais aux voix de caverne chantaient des hosanna au plus haut des cieux

    sur une musique rocambolesque.


    Dante sauta d’un nuage et retomba sur la table pour y boire l’elixir,

    me couvant de yeux tendres.


    Une corde de guitare murmura un sanglot. 

    Je m’éveillais. 

    Avais-je rêvé… 


    Le papier était là, les pinceaux aussi…


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