•                                                Photo : © Clo Hamelin

     

     

    Mes jardins, je les ai suivis du bout de mon pinceau,

    accrochant chaque tache de lumière à la soie pigmentée.

    Balayant souplement mes idées incongrues perdues vers

    d'autres cieux et pourtant réunies.

    Un pinceau, dérisoire face à l'éternité.

    Des jardins de rajah aux jardins parisiens, des jardins de

    l'enfance à mon jardin aimé, réalité louée, fait d'arbres

    centenaires et de houleuses prairies, sous le vent, de

    criaillements d'oiseaux comme des enfants rageurs, des jardins

    prodigieux aux mystères enchantés,

    où le Pan facétieux vous sourit l'air badin,

    enivré par les sucs héliotropes.

    Mes jardins, je vous aime.

    L'ombre tant recherchée sous la chaleur aiguë apaise ma

    moiteur, mes idées malvenues à propos des mille-pattes,

    ou autre araignées qui viendraient s'infiltrer dans mes cheveux

    brouillés.

    J'en ai souvent eu peur, ignorant leurs coutumes,

    de leurs instigations arachnides.

    Mes jardins, faufilés dans l'ombre de mes affres, mes jardins

    de chimères, idéal éphémère, ne se réaliseront qu'au plus

    profond des astres.

     Que n'y suis-je déjà…

     

     

     


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  •  

      

                                                    Photo : © Clo Hamelin

     

    J'engrange dans la cave de mes échappées nocturnes,

    de mes escapades inavouées,

    tant de brutes, tant de cavernicoles, de tritons rugueux,

    salamandres dorées,  au galop au travers de ma lande, tant de

    rêves impossibles,

    tant de peurs incorrigibles et tenaces,

    de châteaux hantés, qui submergent mes songes noctambulatoires,

    sans que je m'en doute, sans que j'y puisse grand-chose,

    car le mental y règne…

     Sommeil, je te regarde avant de passer au giron de Morphée,

    te fixant là, aux yeux, toi qui m'échappe, au plus profond du

    mentaldu mat et du noir, de la senteur des torpeurs.

     Où sont mes tableaux inaccomplis, mes images de papier aux

    mille nuances… Je m'acharne à vous chercher, à vouloir vous

    trouver.

    Mais c'est en abandonnant la quête, que les images colorées et

    oniriques finiront par s'échouer sur ma table,

    sous mon pinceau, dociles et rompues.


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  •                                                Montage : © Clo Hamelin 

     

     

    Un paysage lunaire, aux montagnes onduleuses,

     

     

    m'apparut dans un rêve éveillé sur la dune.

     

    Etouffées par le sable, douces routes sinueuses,

     

     

    je vis passer Sonia,  au sourire triste et voluptueux, gestes

     

    fermes et sûrs, la cruche sur l'épaule anguleuse.

     

    Dans le corps, parcouru par toute l'histoire du monde,

     

     

    un souffle résistant.

     

    L'attente du temps qui passe dans les cours ombragées,

     

     

    fontaine étincelante de fraîcheur.

     

    Soleil implacable à midi.

     

     

    Silence implacable de non-dits, de non chanté, de non rêvé.

     

    Silence d'un été torride encerclé de murs blancs,

     

     

    cachant les femmes rieuses de voiles enrobées. 

     

    Des voiles comme des grillages.

     

    Deux prunelles éclatantes, deux lames étincelantes, surgissant

     

    du drap noir. Deux lames de désir,

     

     

    que l'on cache comme une impureté.

     

    L'éclat de leurs gaité éclaboussant les pierres, fleurissant les

     

    jardins, épanouissant les roses.

     

    Les petites voix aiguës qui grondent ou consolent.

     

    Sereine fragilité de gazelle, rompue aux travaux nécessaires.

     Présence de femmes, recluses aux affres du monde, soustraites

    à l’échappée, soumises au minaret.


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    Paraître, c'est être… être par, par quelque chose ou quelqu'un.

    Être aux yeux de… c'est paraître.


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  •  
     

    Prends soin de ta vie et de tous ceux qui y vivent, 

    comme tu prends soin d'agencer des fleurs

    en bouquet dans un vase, 

    comme tu prends soin d'accommoder

    l'ail et le cumin dans un plat,

    comme tu prends soin de planter une graine.


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