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    Mère infinie

    S'envoler vers la mer
    Se plonger en son sein
    Happer le goémon
    S'écorcher aux coraux
    Sonder les dures rochers
    En y laissant mon sang
    Ô ma mère infinie, que t'ai-je délaissée
    Tu me plies à genoux
    A demander pardon pour toutes ces avanies
    Que l'on t'a infligées.


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    C'est bon les pleurs

    C'est bon les pleurs

    Ça dégage l'amertume, 

    Qui affleurait au cœur

    Quand on veut bien laisser

    Un peu de sa moiteur 

    Cueillie au bord des yeux.

    De s’en débarrasser, 

    Passer à autre chose, de ne plus s’accabler, 

    Persona affligée de tant d’appesantir.

     

    C’est bon les pleurs 

    Ça permet d’avancer

    Enfin de reconnaître 

    Que l’on s’est abusé

    De tant de simulacres

    Qu’à profusion l’on a accouché d’artifices

    Créé un autre ailleurs

    Qui n’avait de tangible

    Que l’étoffe du désir. 

     

    C’est bon les pleurs

    Mais c’est aussi cruel quand l’amour

    Que l’on tient s’en va à tire-d’ailes

    Quand le proche si cher n’est plus là à vibrer

    Alors l’on pleure sur soi 

    D’avoir à se traîner, de croire que l’on est seul

    Que l’on est oublié, que plus rien à de goût

    Alors qu’il suffirait de se réinventer…

     

    C’est bon les pleurs

    Et quand ils se mêlent 

    A la pluie vagabonde

    On génère en son Soi 

    Une autre humeur féconde.

     

     


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    Tu m'emmèneras demain, mon amour éternel

    Me prenant par la main sur les chemins d'automne

    Vers des campagnes secrètes que je ne connais pas.

    Mon amant, mon mari, mon compagnon de route,

    Nous fêterons ensemble le jour de ma naissance,

    Comme une jeune épousée, le sourire dans la tête,

    Le cœur en bandoulière, je coulerais dans tes pas.

    Et nous goûterons radieux au vin d'adolescence

    Les papilles réjouies de tant de mets joyeux.

    Les routes défileront par la fenêre ouverte

    Septembre mordoré en ses souffles poudrés

    Remplira nos narines d’un air dépaysé

    Nous sourirons de joie sous la lune en berceau,

    Léger frémissement du vent dans les rideaux.

    Tu m'emmèneras demain par les routes offertes

    Aux surprises joyeuses, vers les campagnes secrètes.

     


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    Au loin dans les volutes bleues
    De la tempête à peine éclose
    Je vois des lueurs
    Des grognements féconds

    Des gravas de silence,
    Des prières Importunes,
    Des jurons indécents, qui grossissent les rangs

    Comme une marée rouge
    Ils franchiront l’obstacle
    Entreront de leur force au mitan des pouvoirs
    Remueront de leurs mains les entrailles béantes
    De toute cette amertume dont on nous ont nourrie.

    Si le sang pouvait ne pas être versé
    Si ceux que l’on dit « grand » pouvait changer d’épaule leur fusil qu’ils dirigent vers tous ces démunis.

    Mais ce qu’il reste c’est la matiere
    La lumière, l’antre de nous, ce que nous sommes, réellement. Le réel de nous, le meilleur.

    Comme il est dit : aristocrate, les meilleurs d’entre nous.


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    Reclus

                                                             "Anima Mundi" Clo Hamelin Lait de cire et pigments

     

    Les rues de pluie esseulées

    Les ombres passent sur les murs s’éloignant d’elles-mêmes

    La brume engouffre tout et tous

    Des musiques insignifiantes synthétiques nous abreuvent de leurs notes banales

    Une perfidie des oreilles

    Des écrits sans saveur dénués d’ardeur encombrent les librairies

    Pauvreté de l’esprit. 

    Le taxi jaune prend la rue droite qui mène à l’arrière-monde

    C’est une sphère déjantée, un milieu sans éthique

    Le règne de la médiocrité, de l’anesthésie

    Le théâtre ouvert à toutes les corruptions, à toutes les bassesses…

    J’ai vu tant de putrescence, d’abandon et d’opprobre 

    Que ma voix en a péri, 

    Que mes sens ont perdu leur gnosie

    Mon entendement méningité

    Mais mes yeux dessillés

    Faire toujours le même travail pour que les gens te reconnaissent et ne se paument pas 

    Pauvres chétifs de l’âme, il leur faut des repères, sinon ils sont fichus.

    Habitués qu’ils sont à la banalité, à l’indigence des sens.

    Mais il ne faut pas mollir, il faut subsister comme artiste

    Car ils se retourneront contre toi.

    Toi, qui ne sais plus où te rendre dans les images de couleur

    Qui t'es abreuvée de tant de modèles et d’histoires.

    Mais tu continues malgré tout, le chemin est ouvert, la fin approche…


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